Chambéry en alphabet

2017. Jean-Paul Gavard-Perret

Prologue

Nullement exhaustif ou touristique cet Abécédaire évoque une ville aussi historique qu’ouverte sur le futur et trop souvent méconnue. Même quand l’hiver est glacial il fait bon y vivre : nul n’a envie de partir vers le sud. Et vers le nord pas plus. Ses rues aiment les passants, deviennent leur journal intime. Rousseau y donna des leçons de musique avec dans sa poche un mouchoir blanc avec deux initiales qui n’étaient pas les siennes. Le macadam – marée de ses miroirs – retient ses frasques. S’y brodent aujourd’hui de superbes spectacles.

CHAMBÉRY
Arcades (Rue de Boigne)

En l’honneur du bienfaiteur de la ville sous les jambes en arcs des bannières étoilées et la croix de Savoie.

Boulevard de la Colonne

Après la coupe de printemps ses moignons de platanes abritent des rêveuses aux yeux immenses et tristes et un marchand de glaces.

Clos Savoiroux

Asile des amours. Sous ses arbres, volupté de deux regards, doigts noués. Un lézard les surveille. Evasion provisoire pour chevaux fatigués.

Ducs de Savoie (Château)

On imagine l’épopée de nos ancêtres tatoués de blessures. Le roulement des orages inouïs des guerres. Ces phonèmes planaient afin de former plus tard un merveilleux lexique de légende.

Eléphants (statue des)

Sous Hannibal ils traversèrent les Alpes. Le Duc de Boigne les retrouva aux Indes infranchissables. Sans eux Chambéry n’aurait pas son ciel.

 

© Adagp, Paris, 2017