Dictionnaire en fleurs de la fée Clochette

2010. Jean-Paul Gavard-Perret

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A comme Anémone dont l’âme démone éclabousse le chaos.
B comme le Bleuet qui se ferme dans l’ouvert par le suif de son coeur.
C comme Coquelicot. Coqueluche des blés.
D comme Daphné. Née des chicanes d’un mur aux pierres éclatées.
E comme Edelweiss. Aux mains de velours qui refusent la caresse.
F comme Fougères. Aux dents de lait soudées à la rosée printanière.
G comme Guy Liguili chatouilleur des branches qu’il persécute.
H comme Houblon. Étincelle le pas de celui qui trébuche de bière.
I comme Ibiscus. Germe de mémoire. Assassin de l’oubli.
J comme Jasmin dont le blanc s’enivre par son propre parfum.
K comme Kaki. Fruit du plaqueminier et karma de la chair.
L comme Lupin. Rompant le pin, lacérant de ses pois la senteur.
M comme Madrépore. Fleur de pierre que la mer rend magnétique.
N comme Narcisse. Miroir assoupli de l’amour qu’on se porte. Psyché du coeur.
O comme Origan. Pour apaiser les bleus de l’âme plus que de la peau.
P comme Parisette. De la longévité elle dégage du bégaiement de la mort.
Q comme Quinquina. Ouvreur d’appétit et des rires réitérés.
R comme Renoncules. Perceuses de prés. Étincelles du refus de l’hiver.
S comme Sauge. Sauve qui peut leur vie dans le fait-tout de Marie.
T comme Topinambour. De guerre lasse. Mais vaut bien mieux.
U comme Upas. Soude de sa flèche le persécuteur au persécuté.
V comme Violette. Voix de violoncelle pour attraper le sol et le ciel.
W comme Werveine. Avec un W pour doubler ses effets de sommeil.
X comme la Ximénie chérie de Chimène qui l’implorait de ses vœux.
Y comme la grande Yeuse. Crépue sur la colline de Giono.
Z comme Zinnia. Xylographe entêtant et glu des marigots.

© Adagp, Paris, 2017