2013. Don de neige. Jean-Paul Gavard-Perret

Il neige .

Existe soudain un nouvel affleurement de lumière, d’autres contours.
Le réel chancelle puisque les flocons travaillent à sa perte jusqu’à ce que leur houppelande devienne le mirage essentiel, la douce déchirure des choses.
Le monde se renverse, le ciel est inversé.
Le paysage s’ouvre : il suffit d’y marcher dans le sillage exact de notre coeur.
La neige en est le trouble et l’apaisement.
Il n’est plus buriné, racorni, il redevient gamin effronté.
La blancheur fait ainsi l’éternité.
Certes, elle reste provisoire, mais c’est de l’éternité tout de même.

 

 


Épuisé