Poèmes de Jean-Paul Gavard-Perret.

Que cherchent les âmes
En Chartreuse
Sinon les poissons volants
Et les étoiles
Aux mats des sapins ?


Tu sais que ton village
Caché sous la montagne
Te protège des blessures
Les heures deviennent plus douces
Et plus sereines que l’eau froide


Appuyée sur ses coudes
Elle épuise la table
Qui elle-même ne sait où se poser
Mais c’est pour tomber dans le rêve
Juste avant de le dessiner


Les doigts sentent la menthe
Qu’offrent souvent l’amour et son alcool
Quand passent les soleils
Aux rives des forêts.
L’étreinte ne peut finir


Aurons-nous encore l’Isère
Pour notre barque
Aurons-nous le ciel
Pour y lancer notre rosée
Attendons le miracle
Sur la pierre de patience des fossés


Seul le carmin va à la mémoire
Pour qu’elle devienne
Rose des vents et destin
Tu passeras ainsi rose dans la nuit noire


Elle reste lente et calme
Sous l’été
C’est l’heure du crépuscule
Où s’explore les secrets


Tendre la main
Pour toucher plus que la pomme l’arbre
Ses feuilles et ses racines qui frissonnent
Et tirent l’aurore de l’oubli


Le sommeil et le rêve
Se disent écoles de l’oubli
Ils ne sont que le coeur du temps
Bercé en de beaux bras
Qui au besoin demeurent et s’égarent


L’aube raye les nuages
Pour que ton ciel soit plus bleu
Tu y rames doucement
Et tes rêves surnagent


Les étoiles sont des mains
Sur sa poitrine
Et le ciel son désir
Qui reprend par surprise


La pomme mène vers Ulysse
Les îles vers Adam
Les asphodèles chez Adonis
Chacun espère le miracle
Où se montre le coeur